Il y a 60 ans, le 3 août 1963 – le Doux et la crue du millénaire

 
 
 
 

Depuis le 19 juin et jusqu’au au 20 août, la médiathèque de Lamastre consacre une exposition sur la crue historique du Doux du 3 août 1963.

 

 

 

 

 

 

 

3 août 1963 – le Doux s’emporte, les dégâts sont considérables

 

 

 

D’aspect nonchalant et pacifique, le Doux connait pourtant régulièrement des crues, la plus meurtrière étant incontestablement celle du 3 août 1963.

 

 

 

 

D’autres épisodes ont marqué l’histoire de la rivière:

  • La crue de 1508 est tellement importante qu’on l’appela le déluge de Ste-Anne.
  • Celle d’octobre 1840, après une pluie de 14 jours sans interruption, occasionne d’énormes ravages, emportant notamment les digues de Désaignes et Lamastre. Les propriétaires inondés créent alors un « Syndicat pour la défense de la plaine de Lamastre contre le Doux ».
  • Celle des 8, 9 et 10 septembre 1857 , voit la digue de Lamastre à nouveau  rompue, les eaux inondent la plaine et la rivière reprend son ancien lit.

 

  • Celle des 22 et 23 septembre 1890 : la ligne de chemin de fer en construction de Lamastre à Tournon est complètement obstruée par plusieurs éboulements, une partie est même détruite et les outils emportés par les eaux.

 

 

3 août 1963, la crue du millénaire – Un événement qui a marqué la région lamastroise et ses habitants

Ce 3 août 1963, le Doux connait sa crue la plus importante, atteignant jusqu’à 6 mètres de hauteur par endroits.

 

Ce samedi, un orage d’une extrême violence s’abat sur le Nord-Ardèche et la vallée du Rhône.

Dès 15 heures, des pluies torrentielles viennent grossir les cours d’eau. Le Doux entre en furie.

(Cette image a été publiée dans Paris Match. Elle a été prise le soir même durant la montée de la crue. La pluie tombait dru, on voit les gouttes d’eau dans les flashs. Les gens fuient la montée des eaux).

 

À 19 heures, un habitant du Crestet appelle la gendarmerie de Tournon et lance : « Le Doux a emporté tout Lamastre ».

(Retourtour- 18 heures 30 : le pont entièrement submergé par les flots)

 

Le torrent qui atteint par endroits les 6 mètres de hauteur et un débit énorme de 1 124 m3 par seconde, s’apprête à déferler sur Tournon.

 

Les gendarmes informent les nombreux campeurs du secteur de Douce Plage qu’une crue est imminente. Cette alerte sera salvatrice. Quelques minutes plus tard, l’eau submerge les campings, dévastant tout sur son passage.

 

Des centaines de campeurs trouvent refuge dans les arbres ou sur les toits de leurs caravanes. Très vite les secours se mettent en place. Des sapeurs-pompiers de Valence, La Voulte, Tain et un peloton de militaires, viennent prêter main-forte aux pompiers de Tournon.

À la lueur des phares des voitures, tous recherchent blessés et survivants, tandis que la nuit s’enfonce.

Au petit matin, de Lamastre à Tournon, les habitants pansent leurs plaies et découvrent l’horreur.

Apparaissent éboulements, routes défoncées, objets emportés…

Un habitant de Labatie d’Andaure a vu tout un champ de pommes de terre cultivées en terrasses s’affaisser d’un coup.

A Nozières, la route à l’entrée nord du village était jonchée de cailloux que l’orage avait trainés depuis les hauteurs. Plusieurs petits lacs s’étaient formés dans le creux en dessous de l’actuel terrain de tennis. Les éboulements étaient nombreux..

(Pont de Retourtour au lendemain de la crue)

 

Quatre morts à Tournon

 

La crue a été meurtrière du côté de Douce Plage.

Paul Mayeux, propriétaire du camping les Acacias, a été emporté par les flots. Son épouse a été ensevelie sous les décombres de la ferme qu’ils avaient aménagée.

Un enfant de 6 ans, venu avec ses parents de Sochaux au camping des Sables, s’est noyé.

Une touriste hollandaise de 21 ans, a elle aussi été emportée, alors qu’elle s’était trop approchée du bord, la rive a cédé sous son poids.

Des centaines de blessés sont à déplorer.

 

La totalité des dégâts se chiffre à un milliard de francs pour les communes et 534 millions pour les privés.

Les localités les plus touchées sont Tournon, Saint-Jean-de-Muzols, Lamastre et Désaignes.

A Désaignes, cette crue serait même responsable de l’arrêt définitif de l’exploitation des vignes en terrasses.

 

Causes estimées de la crue

 

 

 

Avec un bassin versant de 534 km², le Doux constitue un véritable « entonnoir » alimenté par 220 affluents.

 

 

 

 

 

D’après les observateurs, cette crue est due à la nature géologique du bassin de la rivière, où la rétention d’eau est très faible et à la présence d’arbres dans la zone inondable qui ont favorisé la mise en place de barrages naturels (embâcles) formés par le bois qui flottait.

Ces  barrages provoquèrent une réaction en chaîne lorsque l’un d’eux céda, en amont, sous la pression de l’eau.

 

Les importants orages qui avaient précédé celui du 3 août sont l’autre cause.

 

Aujourd’hui encore, tous ceux qui l’ont vécue,  se souviennent de cette nuit d’épouvante.

 

Le Doux a retrouvé sa quiétude, mais, régulièrement, des crues moins importantes, comme en 1992, 2002, 2008, 2014, viennent rappeler combien la rivière peut être tempétueuse.

La question du renouvellement d’un tel phénomène reste d’actualité car un même épisode cévenol peut se présenter à nouveau au niveau pluviométrique.

 

Certains partent du constat qu’en 1963, on était au début de l’exode rural, qu’il y avait beaucoup plus de surfaces agricoles et donc beaucoup moins de végétation spontanée, et estiment qu’aujourd’hui les incidences seraient moindres… la végétation empêcherait désormais un tel ruissellement !!!

 

 

 

Toutefois, de tels orages restent possibles autour de Lamastre, les conséquences pourraient être beaucoup moins spectaculaires mais le Doux peut encore rendre la vie dure à ses riverains.

La construction d’une salle des fêtes à Lamastre sur ses rives,n’est pas sans danger.

 

 

Les crues de l’automne 2014 sont venues rappeler comment le calme peut précéder la tempête.

 

 

RAD

1 commentaire sur Il y a 60 ans, le 3 août 1963 – le Doux et la crue du millénaire

  1. Petite anecdote sur l’électrification de Labatie d’Andaure dans les années trente: Les ingénieurs avaient trouvé bien d’installer les poteau au fond de la vallée, les autochtones leur ont déconseillé, il leur a été répondu qu’ils ne voyaient pas ce que ce pipi de chat pourrait leur faire !!! ils n’ont pas eu le loisir d’inaugurer: tous les poteaux ont été enlevés par la première crue et depuis sont sur les flancs de la vallée

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