Commun’Infos n° 31 – Passerelle du Chambon: “La grande traversée”

“La passerelle du Chambon à nouveau en service”

 

On peut lire en page 4 du Commun’ Infos n° 31 que la passerelle du Chambon a été « réhabilitée » « en ce début d’année » (2017) après avoir été emportée par la « furie des eaux « au cours des « violentes pluies orageuses qui ont sévi en octobre et novembre 2014 ».

 

Dans une belle envolée lyrique, le rédacteur ajoute : « une belle réhabilitation (15 000 euros TTC) qui a permis à la course de montagne Lamastre-Nozières de reprendre son parcours initial cette année ».

 

D’aucuns se satisferont du résultat et de l’explication.

Pas nous… pour paraphraser Cyrano de Bergerac : « C’est un peu court jeune homme ».

 

Précision:

La passerelle dite du « Chambon » est implantée sur le Doux au lieu dit « Le Chambon » à la sortie Est de Lamastre, en direction de Tournon. Elle est visible en contrebas de la RD 533 quand on est au droit de la carrière ROFFAT, juste en dessous.

Elle est fréquemment détruite par le Doux lorsque celui-ci est en crue.

(la passerelle après les crues de l’automne 2014 – on distingue nettement au 1er plan les troncs d’arbres qui ont obstrué le passage du courant)

 

  • Première remarque

 

 

 

Comptons bien : la course Lamastre-Nozières s’est déroulée le 27 mai 2017.

 

 

 

En admettant que les travaux de réfection de cette passerelle aient eu lieu entre janvier et avril 2017, on obtient un délai de plus de 2 ans entre la destruction de cet ouvrage par le Doux et sa restitution aux riverains ou aux promeneurs.

 

Une telle célérité méritait bien un encart dithyrambique dans le bulletin d’information.

 

Et tout çà pour la modique somme de 15000 euros TTC.

Les caisses sont-elles vides au point qu’une dépense aussi modeste pour les finances de la commune a ainsi été repoussée aux calendes grecques ? D’ailleurs, est-ce la commune ou la communauté de communes qui a réglé la facture ?

 

  • Deuxième remarque

Aussi prestigieux que soit l’événement sportif en question, il n’y a pas que la course Lamastre-Nozières qui a « souffert » d’un tel délai. A notre avis, il s’agit même d’un épiphénomène dont le rappel relève de l’incongruité.

 

Sauf erreur de notre part, la passerelle du Chambon fait aussi partie d’un chemin de randonnée utilisé fréquemment. Il a donc été bloqué pendant deux ans.

Mais puisqu’on vous dit que tout est fait pour la promotion des paysages et de la qualité de vie à Lamastre !!!

 

Ne parlons pas, bien sûr des riverains qui comptent, manifestement, pour quantité négligeable.

 

  • Troisième remarque

Lamastre est située à un point de convergence de plusieurs cours d’eau (Doux, Sumène, Grozon, Condoie) qui accroit la superficie du bassin versant de 40% et amplifie les effets d’une crue cévenole majeure.

Certains d’entre nous se rappellent l’épisode du 3 août 1963 où la rivière débitait 1124 m3/s à Lamastre, soit autant que le Rhône à Valence.

 

Ce n’est pas, loin s’en faut, le seul événement catastrophique.

En fait, les crues du Doux sont même très fréquentes. En voici quelques unes à Lamastre ou Tournon, avec leur périodicité :

  • Automne 1787 : 3400 m3 et 10,50 m à Tournon (crue de fréquence millénaire)
  • 3 Aout 1963 : 980 m3/s à Lamastre et 1124 à Tournon (crue centennale)
  • 4 avril 1987 : 150 m3/s (crue décennale)
  • 15 janvier 1988 : 120 m3/s (crue biennale)
  • 22 septembre 1992 : 160 m3/s (crue décennale)
  • 6 octobre 1993 : 125 m3/s (crue biennale)
  • 5 octobre 1995 : 115 m3/s (crue annuelle)
  • 13 novembre 1996 : 200 m3/s (crue quindécennale)
  • 25 novembre 2002 : 140 m3/s (crue décennale)
  • 2 décembre 2003 : 205 m3/s à Lamastre (crue quindécennale – le Doux occupe toute la place sous le pont de Tain)

 

La crue de l’automne 2014 (dont nous n’avons pas pu obtenir les chiffres) figure parmi les évènements fréquents et pourtant la passerelle du Chambon a été emportée.

 

Alors, reconstruira t-on la passerelle tous les 2- 5 ans ?

 

Cet ouvrage est-il finalement le plus approprié ?

Ne vaudrait-il pas mieux construire un ouvrage submersible qui, de ce fait, laisserait passer les embâcles (objet solides  – troncs par ex. –  emportés par les eaux d’une crue puis bloqués dans le lit de la rivière par un rétrécissement du lit, notamment au niveau d’un pont et qui gênent le passage de l’eau. L’accumulation d’embâcles sur certains ouvrages peut entrainer leur destruction) ?

 

  • Quatrième remarque

Parlons-en justement de ces embâcles.

Il y a quelques années, un organisme public, le syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) « Doux Clair » regroupait la majorité des communes du bassin du Doux, de la source à l’embouchure avec le Rhône.

 

Il avait une triple mission :

  • Trouver des solutions techniques viables pour gérer la ressource en eau, notamment pour l’irrigation des surfaces agricoles, tout en préservant un débit d’étiage suffisant sur le Doux.
  • Améliorer la qualité des eaux du Doux pour protéger les milieux aquatiques et promouvoir du tourisme, notamment en facilitant la construction de mini stations d’épuration.
  • Lutter contre les risques d’inondation et « sécuriser » le cours du Doux et de ses affluents, notamment en gérant l’enlèvement des embâcles.

 

Ce syndicat a été dissout il y a quelques années. Il n’y a pas eu de reprise !!!

 

S’agissant du problème de l’enlèvement des embâcles, il semblerait que chaque commune ou chaque communauté de communes procède à leur enlèvement de façon sporadique et non concertée en faisant appel aux services de structures telles que le “Tremplin”.

 

Or, cette opération devrait être planifiée pour être efficace.

 

Qu’est devenue la réflexion globale sur le devenir de la rivière, sur son rôle en tant que vecteur touristique dans la vallée, ET sur la prévention des risques d’inondation, etc. ?

 

Notons qu’il existe un syndicat « Ardèche Claire », un syndicat « Eyrieux clair », un syndicat dit des « Trois rivières » (Cance, Deûme et Torrenson) à Annonay…

Nous n’avons rien trouvé de semblable  pour le Doux !

 

Décidément, nous cherchons vainement le « brain trust » sur notre territoire (de l’anglais « brain » = cerveau et « trust » = groupe).

Nous consacrerons prochainement un article plus complet sur le sujet.

 

 

RAD

 

 

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