Pas de salut divin dans la crise – courrier des lecteurs

 

Un lecteur nous écrit:

 

« La preuve est faite s’il en était encore besoin, que nos hommes politiques ne sont pas à la hauteur dans leur fonction, peu honnêtes dans leurs convictions et que nos sociétés ne sont pas gérées avec le bon logiciel.

Les systèmes organisés pour soit disant défendre les individus, syndicats et partis politiques ont failli.

Chaque structure disposant d’une parcelle de pouvoir, l’utilise à son profit avec des méthodes proches de celles qu’il condamne.

Ce que nous vivons actuellement à travers les graves dysfonctionnements de notre système de santé est la transcription de tous les autres secteurs de notre société.
Tout y a été déstructuré dans le seul but d’une rentabilité économique.

 

Nous passons tous notre temps à dire et redire ces dérives sans pour autant avancer d’un iota dans leurs transformations ou disparitions.

Les porteurs de parole font défaut ou manquent de cohérence : un syndicat annonce une grève tout seul comme si sa singularité en ferait une action forte.

 

L’unité est de rigueur. Les partis sont absents car plus crédibles.

Un nouveau vient de se créer sortant de celui de la majorité , le bateau coule ! , et un autre va se former pour une nouvelle gauche !!! Il y a probablement quelques postes à prendre.

 

La critique faite à ce gouvernement de ne rien changer, nous le pratiquons à l’identique avec les mêmes méthodes.

Il ne reste comme force puissante que le peuple, seul capable de tout renverser et de reconstruire.

Encore faut-il qu’il le veuille et s’en donne la peine. L’expérience des Gilets Jaunes,  méprisés, déconsidérés et bien mal accompagnés, porte au doute, mais peut-être aussi à une réflexion profonde, leurs revendications sur les inégalités restent les mêmes.

 

Les tractations de revalorisation de secteurs à l’abandon : docteurs infirmières,enseignants redémarrent après celles des camionneurs, des pilotes de lignes et leurs suites….. créant de nouvelles niches privilégiées ? à la fois contraires aux idées politiques actuelles et créatrices de nouvelles revendications des oubliés : gestion au coup par coup et au jour par jour.

 

Le véritable problème de fond n’est toujours pas abordé de face: les financements de ces actions. L’annonce de 120 milliards en France, est fortement contesté par les économistes étrangers annonçant plutôt 250/ 300 milliards. A trouver où ?

 

Il serait normal de faire appel à la solidarité des gros revenus et grandes fortunes.

C’est le seul endroit où trouver cet argent très largement présent !

 

Qui osera le faire ? surtout pas les politiques actuels trop inféodés et redevables à ces oligarchies. Il reste le peuple qui lui doit oser le réclamer haut et fort car il ne lui sera fait aucun cadeau.

Des systèmes politiques différents existent ailleurs, allons chercher des solutions adaptées à nos pays. Ne passons pas notre temps à attendre un salut divin.

D’autres l’ont fait avant nous dans des situations encore plus difficiles.

Avons nous trop à perdre pour ne pas oser descendre tous dans le rue ? Probablement, mais alors rien ne se fera et ce sera le retour à l’anormal tant redouté ».

 

Alain papy

 

2 commentaires sur Pas de salut divin dans la crise – courrier des lecteurs

  1. La relecture de livres empilés ou coincés sur les étagères permet des découvertes surprenantes. Le dernier en date parle de Montesquieu et de ses deux ouvrages  » Lettres Persanes  » critiques de la société de son époque début du XVIII° siècle et surtout  » Esprit des Lois  » analyse et critique pertinente des gouvernements et des puissants de son temps.
    Bien venu dans l’actualité de notre temps, il écrit :
    L’esprit de commerce entraine avec lui celui d’économie, de modération, de travail, d’ordre et de règles. Le mal arrive lorsque l’exés de richesses détruit cet esprit de commerce.
    Il faut donc prendre des lois qui divisent les fortunes à mesure que le commerce les grossit, afin de rendre les pauvres assez riches pour qu’ils puissent travailler et acheter, les riches assez pauvres pour qu’ils doivent travailler.
    Il est rare que là ou les fortunes des hommes sont inégales, il y ait beaucoup de vertu.
    Dans les démocraties les lois sur les héritages et les fortunes devraient favoriser cette égalité. La perte de vertu amène donc une inégalité.
    Une démocratie se fragilise lorsqu’elle perd l’esprit d’égalité. Les citoyens ne supportent plus alors de confier le pouvoir à ces représentants du peuple.
    Une trop grande sécurité corrompt un gouvernement; il faut qu’une république redoute quelque chose. Plus les états ont de sécurité plus ils sont sujets à se corrompre.
    Il ne faut pas qu’une seule personne ou une seule institution ait les trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Sinon il n’y a plus de liberté.
    Il dénonce ainsi des pratiques politiques avec des solutions parfaitement d’actualité, que trois siècles n’ont pas fait beaucoup évoluer. Les philosophes grecs les dénonçaient déjà il y a deux milles ans, il serait temps que les hommes prennent conscience du sens de leur vie et de leur pouvoir à le transformer.

  2. Un autre spectre hante le monde occidental : le populisme que l’on retrouve en France, Italie, Allemagne, Hongrie,Autriche, États-Unis…..il se développe partout.
    Cependant il reste encore mal théorisé et reste ouvert à de multiples interprétations souvent contradictoires.
    Émanant aussi bien de la gauche dite radicale que de la droite dite populaire, cette force antisystème est intimement liée à la détérioration des conditions d’existence des classes moyennes et populaires : insécurités économiques, creusement des inégalités, perte de confiance….
    C’est surtout un ressentiment de grande colère à l’égard des partis traditionnels, incapables de protéger les classes populaires des dérèglements dus au capitalisme, mais aussi contre les élites de tous bords et des oligarques méprisants envers le peuple.
    On y retrouve également une frustration individuelle face à une société fragmentée ayant désocialisé les classes populaires.
    Les termes populisme ou populiste, peuvent désigner divers courants politiques se référant au peuple. Ces courants ne partagent pas les mêmes programmes ni les mêmes valeurs avec des lignes de partages fortes : immigration, redistribution des richesses …. Dans le peuple on peut parler de populisme diffus, exempt de tout programme politique précis.
    Son histoire est véritablement internationale :
    1860/70, en Russie, mouvement des enseignants et étudiants ,des journalistes et fonctionnaires qui préparera la révolution de 1917.
    1880 : aux États-Unis, révolution agraire des paysans surendettés, contre les banquiers qui aboutira à de nombreuses nationalisation et aussi moteur de la guerre d’indépendance.
    1880: en France, le boulangisme veut rassembler une base électorale mécontente des effets de la crise économique, du malaise social, de l’immoralité des politiques dans leurs démarches parlementaires, intellectuelles, économiques, médiatiques…..
    En démocratie, le peuple étant souverain, son vote et son opinion ne peuvent pas être qualifiés de populiste. C’est plutôt la manipulation du peuple dont se rend coupable l’homme politique, qui relevè du populisme.
    Qui plus est il assiste à la fonctionnarisation de ces politiques, tributaires des ressources publiques.
    Le peuple français ne s’y trompe pas, qui place les partis bon derniers des institutions auxquelles ils déclarent se fier, bien après les syndicats déjà bien critiqués. Baptisés  » machines présidentielles » ils restent malheureusement les seuls collectifs capables de faire participer le peuple à l’organisation et le fonctionnement de l’État.
    Les élites emploient le terme populisme pour disqualifier, stigmatiser, discréditer les individus, le peuple et ses revendications . C’est devenu dans le langage courant le nom d’une dissidence, en négligeant le coté protestataire, devenant alors un paravent pour se prémunir des critiques.
    En vérité le populisme vise une conception de la démocratie plus exigeante ou le plus grand nombre est capable de juger des affaires publiques et se trouve ainsi responsabilisé.
    Le populisme n’est rien d’autre que l’effort d’individus pour échapper à l’emprise croissante des experts sur l’organisation de leurs vies.
    C’est l’échec des élites.

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