Nos chers… retraités – Privilèges d’état ?

La France compte aujourd’hui un nouveau pensionné: François Hollande, qui va toucher une retraite de 15.000 euros mensuels…

Selon le journal “Le Figaro”, ce montant pourrait encore grimper si l’intéressé émet le souhait de siéger au Conseil constitutionnel…

 

 

 

Aux anciens présidents, la République reconnaissante

 

François Hollande rejoint le cercle très fermé des anciens locataires de l’ Élysée, déjà composé de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing.

 

 

 

Selon des chiffres fournis par le cabinet de l’Élysée à René Dosière, député socialiste spécialiste des comptes publics, le président sortant devrait toucher une pension mensuelle équivalente à 15.000 euros net, un total obtenu par le cumul de quatre indemnités:

  • celle d’ancien président de la République (5184 euros net),
  • d’ex-député de Corrèze (6208 net),
  • d’ancien conseiller de la Cour des comptes (3473 euros net)
  • et d’ancien président du conseil général de Corrèze (235 euros).

 

Comme tous les présidents sortants, François Hollande devrait également bénéficier

  • d’un appartement de fonction meublé et équipé,
  • de deux personnes affectées à son service.
  • d’une voiture de fonction avec deux chauffeurs.
  • Deux policiers assureront en permanence sa protection rapprochée.
  • Sept collaborateurs l’assisteront dans ses affaires courantes.

 

Mais cette situation ne sera que temporaire…

Le décret paru au Journal officiel le 4 octobre 2016 prévoit désormais une dégressivité des moyens accordés aux anciens présidents de la République, avec une réduction du nombre de collaborateurs au-delà de la cinquième année suivant leur départ de l’Elysée. Le nombre des «collaborateurs permanents» passera alors, pour le président sortant, de sept à trois, celui des agents de service de deux à un.

Autre mauvaise nouvelle pour les futurs ex-présidents à partir de Hollande: ils ne bénéficieront plus de l’accès illimité – et gratuit – à la SNCF…

 

Coût exorbitant des anciens présidents de la 5ème République

Le coût annuel total des frais cumulés des anciens présidents de la 5ème République, toujours selon René Dosière atteint 10 millions d’euros.

 

Valéry Giscard d’Estaing remporte le match du plus coûteux avec 3,9 millions d’euros, suivi par Nicolas Sarkozy (3,3 millions) et Jacques Chirac (1,5 million).

 

Près de 35 ans après son départ, cet ex – président occupe toujours des bureaux boulevard Saint-Germain. Leur location coûte 276.683 euros par an. Il faut ajouter 10.571 euros pour les abonnements à la presse dont Valéry Giscard d’Estaing semble particulièrement friand. Plus surprenant encore, l’État prend en charge ses dépenses en carburant, à hauteur de 5000 euros annuels.

 

Les journaux reçus par Nicolas Sarkozy ne sont pas facturés à l’État mais la location de ses bureaux de la rue de Miromesnil coûte 226.290 euros par an aux Français. Il bénéficie également, pour lui et ses collaborateurs, de 26 lignes téléphoniques prises en charge par les contribuables.

 

Les anciens présidents perçoivent également une prime dite de “sujétion spéciale“, au montant inconnu,  pour “compenser les contraintes subies dans l’exercice des fonctions“…

“Un ancien président de la République doit être mobile” … : les 3 derniers reçoivent deux cartes de circulation gratuite et illimitée : l’une pour la classe affaire d’Air France, l’autre pour la première classe de la SNCF.

 

Monarchie républicaine, fait du Prince ?

La Vème République française est souvent qualifiée de “monarchie républicaine”.

Une simple « lettre discrétionnaire », jamais rendue publique, du premier ministre Laurent Fabius, datant de 1985, attribue aux anciens présidents pour le reste de leur vie, des avantages dignes des princes de sang sans que les représentants élus du peuple aient la moindre voix au chapitre.

Cette lettre dresse la liste non limitative des avantages accordés:

  • un bureau-appartement (charges et téléphone au frais du contribuable)
  • deux employés de maison
  • deux gardiens de la paix devant leur domicile
  • une voiture avec deux chauffeurs
  • deux gardes du corps
  • un directeur de cabinet
  • deux secrétaires particuliers
  • un employé des archives nationales
  • trois secrétaires sténo dactylo – et oui, vous ne rêvez pas !!!
  • le gardiennage, par des gendarmes, de leurs propriétés privées
  • un service de sécurité : six gendarmes et policiers.

Un « état – major » d’au moins 19 personnes…

 

 

Le “Canard Enchaîné” a relaté le fait que deux officiers de marine affectés au service de Valéry Giscard d’Estaing et qui s’estimaient débordés de travail, se sont vus renforcés, sans autres formalités, par deux officiers supplémentaires issus du même corps…

 

 

La grande générosité de la République s’applique aussi à d’autre retraités

  • Les anciens premiers ministres qui sont au nombre de onze à ce jour

 

Selon les données recueillies par Médiapart, le montant des dépenses accordées aux anciens premiers ministres a dépassé 2,9 millions d’euros, entre 2011 et 2014, sans compter leurs frais de sécurité : 860.000 euros rien qu’en 2014.

 

Non seulement  les ex-locataires de Matignon touchent une retraite solide (difficilement chiffrable), mais ils sont aussi autorisés à disposer d’une voiture (avec essence), d’un chauffeur et d’un assistant personnel.

Bien qu’ils aient repris un mandat électif ou une activité privée, la plupart des anciens premiers ministres utilisent volontiers les avantages que la France leur fournit.

 

 

 

 

Médiapart a également révélé les sommes que Matignon avait dépensées pour le personnel des ex-premiers ministres en 2014.

 

 

 

  • Dans ce classement, le mieux rémunéré, avec 102.000 euros, est le personnel affecté à Alain Juppé (maire de Bordeaux, ex candidat à la primaire des Républicains),
  • 97 000 euros pour Dominique de Villepin (dont la société a réalisé 1,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015),
  • 89 000 euros pour Jean-Pierre Raffarin (sénateur avec toutes les indemnités afférentes),
  • 82 000 euros pour Lionel Jospin (retraité jusqu’à sa nomination au Conseil constitutionnel en 2015),
  • 75 000 euros pour Jean-Marc Ayrault (avant qu’il ne redevienne ministre – depuis ???),
  • 66 000 euros pour François Fillon (député, candidat à la présidentielle),
  • 45 000 euros pour Édouard Balladur (retraité)
  • 33.000 euros pour Édith Cresson (retraitée).

Ces frais se cumulent à ceux déjà existants au titre de leurs fonctions actuelles et des pensions auxquelles ils ont droit.

 

Médiapart doute énormément que ce “bataillon d’assistants serve exclusivement à traiter des courriers d’admirateurs » – nous aussi et ce n’est pas quelques “affaires” en cours qui pourraient démontrer le contraire…

 

En 2014, Matignon a dépensé 89.000 euros pour renouveler les berlines de François Fillon, Édouard Balladur et Michel Rocard.

Selon le Figaro, protéger ces personnalités coûte en moyenne 66 000 euros par an et par fonctionnaire : un coût dont s’est d’ailleurs alarmée la Cour des Comptes.

Selon un ancien ministre de l’Intérieur, d’autres bénéficient de ces avantages à vie : ce sont les ex-ministres régaliens. Seraient donc concernés :

  • les anciens ministres de l’Intérieur,
  • les anciens ministres de la Justice,
  • les anciens ministres de la Défense.

 

  • Les Parlementaires dont, entre autre, les cotisations retraite comptent double

 

Les privilèges accordés aux anciens parlementaires sont des plus confidentiels. Le détail des retraites parlementaires n’est pas rendu public, seuls quelques éléments en ont été révélés.

 

 

L’un des bénéfices les plus intéressants réservés aux anciens sénateurs ou députés relève probablement du régime de cotisation. Pour la retraite, les années cotisées seraient ainsi quasiment doublées. Un sénateur ayant siégé 19 ans verrait ainsi sa retraite calculée sur 36 ans : il toucherait un peu  moins de 7 000 euros par mois et à vie.

Le Sénat – et donc l’État –rembourse aux anciens sénateurs et à leur conjoint… 50 % du coût de 12 déplacements aériens par an. Mieux encore, ils bénéficient de la première classe gratuite à  vie sur le réseau SNCF…

 

 

« Il y a des situations monarchiques » selon le député Dosière “mais personne ne semble tout à fait au courant des règles… Non pas parce qu’une loi l’a décidé, mais  en raison d’une tolérance »…

 Évaluer, de manière exhaustive, les avantages accordés aux hommes politiques Français à la retraite : la tâche est ardue, voire impossible… le secret est jalousement gardé.

 

 

Si la transparence est de mise dans les pays anglo-saxons où quiconque peut trouver en quelques clics les détails des privilèges accordés aux ex-dirigeants, c’est loin d’être le cas en France.

 

Le nouveau chef de l’Etat, s’il n’est pas réélu en 2022, touchera sa retraite à l’âge de… 44 ans.

A quel âge, en 2022, un salarié “normal” pourra t’il partir à la retraite et avec quel montant ?

 

(Sur le même sujet: nombre-d’élus-l’autre-mille-feuille-francais)

 

RAD

 

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1 commentaire sur Nos chers… retraités – Privilèges d’état ?

  1. j’ai travaillé 41 ans et 2 mois, plusieurs employeurs, je perçois une retraite mensuelle de 930 euros acquise à 61 ans et demi
    Je n’ai jamais fait de politique – Dommage !!!
    On s’étonne, on critique, on s’esclaffe sur ces privilèges, sur les affaires… mais que fait on pour que ça change vraiment ? RIEN et pourtant on vient de voter !!!

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