Moi Mossieu, plus royaliste que le roi ?

 

Le compteur Geiger s’affole à Lamastre.

On passe d’un extrême à l’autre en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

 

Il y a un mois à peine on entrait dans le bureau de vote comme dans un moulin.

Entre vieilles connaissances, on n’allait pas se pourrir la vie à demander une pièce d’identité, même si c’était obligatoire… On réservait l’infamie aux brebis galeuses, peu importait la discrimination. Tout le monde fermait les yeux…et se taisait, sauf les susnommées brebis galeuses, ça va de soi !

 

Désormais, changement de programme, fini la rigolade, le juge a dit que…la loi électorale, les élections annulées…et cætera, et cætera.

 

 

Il faut montrer patte blanche aux préposés à l’exercice, sortir le précieux sésame et plutôt deux fois qu’une.

La poisse ! Bonjour la file d’attente !

 

 

 

Je vous le dis ma brave dame, tout ça, c’est un complot de mes opposants, ma candidature les dérange !!!

 

On rembobine le film et on se repasse les épisodes, dès fois que des passages nous auraient échappé.

 

  • Un juge nommé par le Conseil Constitutionnel (machin important créé par le Grand Charles, qui crèche à Paris et qui est chargé de veiller à la régularité des élections nationales) a débarqué à Lamastre, le 23 avril. Mazette, ça tombait bien, y avait une élection. Par politesse, il avait quand même averti Jean Paul VALLON de sa visite 15 jours à l’avance.

 

  • Il a bien vu que Jean Paul VALLON ne respectait pas la loi et il lui a dit avant de repartir : « C’est pas bien M’ sieur le maire, faut contrôler les identités, c’est la loi, et pas seulement celle des personnes que vous n’aimez pas. C’est pas gentil ce que vous faites ».

 

  • Sitôt le juge parti, les gars ont fait comme avant, non mais des fois.

 

  • Le juge n’a pas apprécié, mais alors pas du tout : il a annulé l’élection. Oh, la bâche à quelques jours des législatives !

 

  • Jean Paul VALLON a dit « Bon d’ac, on a déconné, on savait qu’un juge ferait une descente, on aurait du faire gaffe et respecter la loi. On va dire que tout ça c’est la faute de l’opposition. A la prochaine élection, on demande 2 fois la carte d’identité puisque c’est la loi et on ne se presse pas. Comme çà, les gens seront bien remontés”.

  • Le dimanche 7 mai, 2ème tour de l’élection présidentielle, ça contrôle à tout berzingue, et ça pinaille, ça pinaille… Une file d’attente digne des jours de rationnement, des qui font un malaise, des qui s’en retournent, des qui n’ont pas de mots assez durs « salauds, ils ont volé mon vote » et qui déversent leur bile contre ce bordel. On est avec toi, Jean Paul, tiens bon.

 

Deux mots : bravo l’artiste ! Et bien sûr, on aura le même cirque dimanche 11 juin. Incontinents s’abstenir.

 

Maintenant, et pour conclure, faisons le point.

 

Dans sa grande infaillibilité, Jean Paul VALLON savait très bien qu’il fallait demander une pièce d’identité à tout le monde et pas seulement à ceux qu’on a dans le nez car alors on se rend coupable de discrimination. La justice ne rigole pas avec tous ces mots qui se terminent en « ion ».

 

Il savait 15 jours à l’avance qu’un juge allait passer. Pourtant, ce 23 avril, il n’a rien changé à ses habitudes. Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre, non ?

 

Depuis le 7 mai, il a instauré un double contrôle des identités, à l’entrée dans la salle de vote et devant l’urne. Pour réagir aussi vite, c’est bien qu’il se savait hors la loi et même doublement. Chat échaudé craint l’eau froide.

 

Selon l’article L62 du code électoral, l’identité de l’électeur doit être contrôlée « A son entrée dans la salle du scrutin… ». Mais selon l’article R60 du même code électoral elle doit être contrôlée « par le président du bureau de vote, au moment du vote… ».

Les textes se contredisent. Pour couper court à toute discussion, le ministère de l’Intérieur exige un double contrôle des identités (circulaire du 23 janvier 2017).

 

La plupart des communes ne pratiquent pas ce double contrôle et sont donc dans l’illégalité. D’autres ne contrôlent rien du tout. Les magistrats le savent très bien. Ils ne les sanctionnent pas. C’est bien la preuve que c’est le comportement discriminatoire et bravache de Jean Paul VALLON qui a provoqué l’annulation de l’élection ce 23 avril dernier.

 

Enfin, il existe un moyen très simple d’accélérer les opérations de vote : accepter que le Préfet divise la commune en plusieurs bureaux de vote. La plupart des villes d’Ardèche fonctionnent ainsi dés lors quelles atteignent un certain nombre d’électeurs. Normalement, on conseille de ne pas dépasser 800 à 1000 électeurs inscrits par bureau. Or, Lamastre compte 1860 électeurs.

 

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RAD

 

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