Pierre Conty « le tueur fou de l’Ardèche » – 45 ans déjà

 

En août 1977, Pierre Conty et deux complices braquent une banque et tuent trois personnes.

La cavale débute, les gendarmes sont sur les dents, la population est sur le qui-vive, Conty est aperçu partout… L’affaire a secoué l’Ardèche et la Haute-Loire des années soixante-dix, le tueur est devenu l’ennemi public n° 1.

 

 

 

 

 

 

Pierre Conty, fils d’un militant syndical, nait en 1946 à Grenoble où il exercera le métier de tourneur-fraiseur.

 

 

 

 

 

Enfant de mai 68, en 1969, il entreprend avec sa femme et quelques amis un retour à la terre en Ardèche. Il s’installe d’abord à Antraigues puis avec l’assentiment du maire de Chanéac, au hameau abandonné de Rochebesse sur des terres en friche où la communauté va élever des chèvres.

(Hameau de Rochebesse)

(Photo datée de 1971- Pierre Conty au milieu des chèvres)

 

Plutôt bien accueilli, il devient une vedette locale, un « personnage sulfureux opposé au système ». Sa communauté de hippies est constituée de fils de bourgeois parisiens hostiles à la société de consommation. Sa femme le quitte, Pierre Conty se met alors en couple avec Maïté.

 

Rapidement, il s’oppose aux paysans locaux qui ne supportent plus ses excès. Il se bagarre avec ses voisins et les chasseurs, ne paie pas les baux de location, ne rembourse pas ses emprunts. Il considère en effet que la terre appartient à celui qui la cultive.

En difficulté et devenu dépressif, il plonge dans la délinquance avec vols et cambriolages.

Un jugement du tribunal des baux ruraux de Tournon décide le 21 juin 1977 que les habitants de Rochebesse devront vider les lieux avant le 31 août.

 

Le 24 août 1977, Pierre Conty, après avoir dérobé la voiture d’un boucher dans le Gard, avec deux complices: Stéphane Viaux-Peccate et Jean-Philippe Mouillot, braque l’agence du Crédit Agricole de Villefort en Lozère, dérobant 51.270 francs, soit 8.000 euros.

Le trio prend ensuite la fuite en voiture et se retrouve soudainement face à une estafette de la gendarmerie en patrouille. Pierre Conty n’hésite pas à abattre le gendarme Dany Luczak (21 ans). Le deuxième gendarme a le temps de prendre la fuite.

Les trois hommes croisent ensuite un véhicule dans lequel se trouvent deux habitants de Pont de Labeaume: Cyprien Malosse (21 ans) et son père Roland (54 ans). Ils tentent de voler leur voiture mais comme les deux hommes tardent à leur remettre les clefs, Conty les abat de sang-froid.

 

 

 

 

 

La presse nationale s’empare de l’affaire. Les trois fugitifs sont alors surnommés « les tueurs fous de l’Ardèche ». Conty devient l’homme le plus recherché de France.

Il se signale une dernière fois, le 7 septembre 1977 par une lettre au juge d’instruction dans laquelle il explique qu’il n’est « ni un tueur ni un otage ».

 

 

 

 

 

Le 21 octobre 1977 Stéphane Viaux-Peccate est arrêté aux Pays-Bas. Jean-Philippe Mouillot se rend le 2 février 1978.

En mai 1980 à Privas, les deux hommes sont condamnés à respectivement 18 et 5 ans de réclusion criminelle.

Défendu par le célèbre avocat Robert Badinter, Pierre Conty est condamné à mort par contumace (la peine de mort existait encore à l’époque)..

 

En 1982, la justice ordonne la cessation des recherches, la peine capitale prononcée à l’encontre de Pierre Conty est prescrite. Christian Bonnet, ministre de l’intérieur en 1977, a énigmatiquement déclaré à son sujet: « Il ne nuira plus », suggérant qu’il a été abattu par des anciens camarades ou par les services de renseignement français.

 

 

 

En mars 2017, Noëlle Sarrola publie un livre intitulé « Une version des faits » où elle raconte comment elle a apporté son aide au fugitif.

Issue de la bourgeoisie parisienne, elle élevait alors des chèvres dans la Drôme. Le troupeau avait été acheté dans la communauté de Pierre Conty, à Rochebesse, deux ans plus tôt.

Noëlle Sarrola raconte que le dimanche 28 août après-midi, Pierre Conty s’est réfugié dans sa ferme et y a passé huit jours. Après quoi, grimé et muni de faux papiers, il a pris la fuite vers « un pays d’où il ne pouvait être extradé. Il y avait des potes, sa survie ne pouvait passer que par un exil lointain».

 

Pierre Conty, toujours en cavale ou décédé, a-t-il bénéficié de protections en haut lieu ? Le mystère demeure. Certains prétendent même qu’il reviendrait régulièrement en Ardèche !

 

Vidéo à voir absolument malgré les fautes d’orthographe…

 

RAD

 

Soyez le premier à commenter.

Répondre
Prenez connaissance de la charte de modération des commentaires avant de poster un commentaire.

Votre adresse mail ne sera pas publiée


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.