A Nozières- le château de Rochebloine

(Ruines du donjon culminant à 998 mètres d’altitude)

 

Le château de Rochebloine- (roccablaona)

 

Les ruines du château de Rochebloine, dont il ne reste qu’un pan de mur, constituent le témoin de l’origine de Nozières (terme issu de noyer).

Nozières était  probablement un péage sur la route reliant la vallée du Rhône au Puy en Velay. Le château commandait, au col de Nozières cette ancienne route.

A trois kilomètres du village, en direction de Lalouvesc, le site de Rochebloine domine de ses 998 mètres d’altitude la vallée du Doux et offre une vue à 360 degré avec un panorama imprenable sur cette vallée, le massif des Boutières et le mont Mézenc. Un sentier de découverte sur la faune et la flore attend le visiteur.

 

Le mot Rochebloine est composé de « rocca » et « blaona ». « Rocca » désigne une fortification fossoyée. «Blaona » désigne la couleur bleue mais aussi verdâtre-blond pâle, en relation probablement avec la roche granitique.

 

Littéralement planté sur une échine rocheuse étroite et érodée, ce point élevé est fréquenté par de nombreux visiteurs à la découverte de paysages pittoresques et des passionnés d’histoire.

Après une courte escalade par un sentier rocheux bordé de genets très odorants au printemps, le visiteur se trouve soudain arrêté par un fossé en forme de croissant et profond de 2 à 3 mètres. Au-delà de ce fossé s’étend une plateforme d’environ 300 m2, limitée au sud par un à pic naturel et au nord par une pente rapide. Les traces de deux bâtiments arasés sont visibles.

Sur une butte rocheuse circulaire de 10 mètres de diamètre, isolée des  trois côtés par le vide, se dresse le dernier vestige visible d’un donjon, un pan de muraille en arc de cercle.

Ce donjon devait avoir 13 mètres de diamètre et ses murs, ont 1, 30 mètres d’épaisseur.

 

 

 

En contrebas de l’ancienne tour, une  structure excavée appelée case encoche, s’ouvre vers le château.

En forme de U, elle servait d’habitation ou d’abri aux paysans des alentours.

 

 

 

 

Histoire :

 

Si les Pagan sont probablement les premiers seigneurs connus de Rochebloine et de Pailhares, les Clérieu prennent rapidement leur suite et possèdent Rochebloine au début du XIIIème siècle.

Leur mandatement (ensemble des territoires dépendant de la place forte) comprenait une partie des actuelles communes de Nozières, Desaignes, Labatie d’Andaure et Pailharès. Le seigneur de Rochebloine en retirait taxes, droits et impôts.

 

Le plus ancien document conservé faisant état de Rochebloine, date de 1253. Saint Louis régnait alors sur le royaume de France.

(Sur cette carte postale du début du xxème siècle, tout en haut à droite: les ruines du donjon et au centre: le hameau de Rochebloine – les terres en terrasses étaient cultivées jusqu’au pied des ruines)

 

En 1285, les hommes d’armes de Rochebloine attaquent le seigneur de Rochepaule. L’attaque aurait fait 200 morts.

En 1288, suite à ce délit et à des dettes envers le roi, le bailli de Boucieu le Roi nommé Dragon, prend Rochebloine qui devient propriété du roi Philippe IV Le Bel.

En 1295, Rochebloine est propriété du comte de Vienne.

En 1296, le château et son mandatement deviennent le bien de la province du Forez (ils le resteront jusqu’à à la révolution de 1789).

 

Dès cette époque, les seigneurs quittent le château pour s’installer à Pailharès dans le confort d’un prieuré. Ils maintiennent juste une garnison à Rochebloine.

En 1326, Odon de Retourtour, résidant à Désaignes, est le seigneur de la partie de Nozières qui relève du Forez.

 

En 1360, à la signature du traité de Brétigny, le roi de France est libéré par les Anglais, les troupes sont démobilisées. Les mercenaires, sans travail, appelés « tard venus » ou « routiers », vont piller et démolir dans la province du Forez. Des capitaines châtelains sont alors nommés comme chefs de garnison dans les châteaux. A Rochebloine, on y dénombre Boquet de la Vaure, François de Coing, Pierre Colin

En 1376, Pailharès a supplanté Rochebloine qui, semble t’il, est abandonné et détruit peu à peu par les «routiers». Le château servira alors de carrière pour les habitations proches.

La légende prétend qu’il existerait un souterrain reliant Rochebloine au château de Belair à Desaignes. Les recherches de ce souterrain dans un terrain granitique fortement accidenté n’ont jamais abouti…

 

Une autre légende, celle de la main sanglante prétend qu’une fille d’un seigneur, violentée, aurait appuyé sa main ensanglantée sur un mur du château et qu’il en resterait encore aujourd’hui la trace.

 

Le site du château de Rochebloine est propriété privée. Plusieurs projets de mise en valeur dont celui de devenir « site remarquable » dans le Parc des Monts d’Ardèche sont restés inaboutis.

Au printemps 2022, des travaux de consolidation des ruines ont été entrepris.

Le trail de Désaignes emprunte ses pentes abruptes pour ensuite se diriger vers Nozières.

 

En poursuivant en direction de Lalouvesc, la route départemental offre une vue sur le Mont Gerbier de Jonc et le Mézenc.

 

 

 

 

Sur cette même route, à environ 3 kilomètres du château, se trouve le village miniature du col du Buisson.

 

 

 

 

 

 

RAD (sources/ P .Y. Laffont, V. Gamon, divers)

 

2 commentaires sur A Nozières- le château de Rochebloine

  1. ça vaut vraiment la peine de monter à Rochebloine, un sentier bordé de genets au parfum envoutant et au sommet une vue grandiose
    A voir absolument

  2. le sommet a même été utilisé comme aire d’envol ni=on autorisée pour deltaplanes et un groupe para militaire qui s’entrainait en toute illégalité y a également été surpris, il y a 15 – 20 ans. Ce site offre une vue imprenable et est facile d’accès

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