Pesticide – Quand tu nous tiens !!!

 

La France avait lancé en 2008 le plan Ecophyto, afin de diviser par deux l’usage des pesticides d’ici à 2018.

Depuis, alors que les études sanitaires et scientifiques démontrent les dangers des produits phytosanitaires sur la santé, l’utilisation des produits de l’agrochimie n’a cessé d’augmenter.

 

L’Hexagone caracole toujours en tête des pays les plus consommateurs de pesticides : deuxième en Europe, derrière l’Espagne, et quatrième au monde.

Pour tenter d’y remédier, un deuxième plan a démarré au printemps 2016. Il garde l’objectif des 50 %, mais l’a repoussé à 2025…

desherbage

(62 000 tonnes des  pesticides sont pulvérisés chaque année dans les champs français).

 

Zéro pesticide dans les jardins et espaces verts publics en 2017

La loi de transition énergétique pour la croissance verte du 22 juillet 2015 prévoit la mise en place de l’objectif zéro pesticide dans l’ensemble des espaces publics à compter du 1er janvier 2017.

Elle interdit l’usage des produits phytosanitaires (pesticides, fongicides et herbicides) par l’État, les collectivités locales et établissements publics pour l’entretien des espaces verts, promenades, forêts et les voiries.

terre-saine

 

 

Le zéro pesticide  s’accompagne de la mise en place du label «Terre Saine».

 

 

 

L’enjeu est de taille car ce sont 6 000 tonnes de produits phytosanitaires qui sont utilisées chaque année en France par les collectivités.

Au 1er janvier 2017, les services municipaux devront donc changer leurs habitudes et adopter d’autres recettes: coccinelles pour lutter contre les pucerons, lance-flamme pour brûler les pissenlits ou choc hydraulique pour déloger les plantes indésirables, débroussaillage, développement de la tonte et du fauchage au détriment du désherbage, enherbement pour protéger les sols, binette, bâchage et paillage dans les plates-bandes pour gagner la guerre contre ces plantes indésirables, souvent appelées à tort « mauvaises herbes »….

Devenir «Terre Saine»  risque de prendre du temps… seules 4 000 communes ont aujourd’hui franchi le pas.

 

Les produits phytosanitaires à usage des particuliers non agriculteurs

Ce devait être en 2022, ce sera finalement dès 2019. La même loi a avancé la date d’interdiction de la vente des pesticides aux particuliers

Le texte prévoit que la plupart des produits phytosanitaires ne pourront plus être distribués en libre-service dans les jardineries dès 2017.

Les Français ont acheté pour 620 millions d’euros de produits pour jardin en 2015.

 

  • Pesticides sous-clé

roundup

Plus question normalement de trouver en rayon un désherbant à base de glyphosate, classé cancérogène probable et perturbateur endocrinien, comme le fameux Roundup,  ces produits seront sous-clé. Mais on pourra toujours les acheter pendant deux ans, en s’adressant à un vendeur qui sera censé recommander un produit alternatif, sans pesticides.

D’ici à 2019, les clients auront eu le temps de se constituer des stocks et les fabricants d’écouler les leurs…

 

Quelles alternatives ?

Pour les accros au désherbage : huile de coude et outils pour extirper les racines, désherbage thermique (brûleur au gaz), nettoyeur haute pression, eau bouillante, produits « propres » ou naturels, essentiellement à base d’acide pélargonique (géranium), ou d’acide acétique (vinaigre), utilisables en agriculture biologique, les produits de biocontrôle ou à faible risque.

Côté engrais, on peut passer aux engrais naturels élaborés à base de matière première végétale, minérale ou animale et profiter des apports du compost.

Interdiction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles en 2018

Introduits en France en 1995, ces insecticides d’une grande toxicité sont utilisés majoritairement  dans les enrobages de semences (les graines sont gainées du produit avant d’être semées) ou en traitement des sols. Des centaines d’études démontrent la dangerosité de ces produits et la nécessité de les interdire.

 

abeille

Chaque année, ce sont 300 000 colonies d’abeilles qui meurent et qui doivent être reconstituées.

Avant l’apparition de ces produits sur le marché français, la mortalité des abeilles avoisinait les 5%.  Désormais, chaque année, 30% des colonies d’abeilles périssent, obligeant les apiculteurs à renouveler les ruches décimées et la production de miel s’effondre.

De nombreuses composantes de notre environnement sont également touchées : pollinisation sauvage, vie aquatique, oiseaux, etc.

 

Des dérogations à la loi sont cependant prévues  jusqu’au 1er juillet 2020. Par ailleurs, rien n’interdit  de remplacer les nénicotinoïdes par d’autres molécules tout aussi toxiques. Enfin, rien n’empêche les fabricants français de continuer à produire et d’exporter ces pesticides…

A peine la loi votée, l’industriel Bayer proposait le renouvellement de l’un d’eux et la mise sur le marché d’un nouveau pesticide, dès 2017, agrémentée d’un fongicide…

 

La problématique reste posée : si les molécules interdites sont dangereuses dans les espaces verts publics et dans les jardins privés, ne le sont-elles pas aussi et à plus grande échelle, en application agricole ?

Si la loi n’évolue pas, si l’agriculture ne change pas ses méthodes,  on continuera encore à manger des céréales aux pesticides en 2020 !!!

 

RAD

 

 

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