Logement social – Conférence de l’université populaire

 

 

 

L’Université Populaire du Vivarais a organisé une conférence mercredi dernier au Centre Multimédia de Lamastre sur le thème du logement social animée par Marianne Pillot, juriste et présidente de AMILOI.

 

 

Pourquoi loger les classes populaires?

 

La conférencière a alors exposé son propos en s’orientant sur l’aspect historique, économique et humain de cette situation qui a réellement commencé au XIXème siècle.

A cette époque, dans les années  1830 et suivantes, la révolution industrielle attire de plus en plus dans les villes une population rurale qui doit se loger dans des conditions épouvantables.

Les patrons des usines cherchent alors à maintenir sur place cette main-d’oeuvre, leur grand souci étant le profit et d’éviter l’absentéisme saisonnier des ruraux qui retournent dans leurs villages pour les travaux des champs.

 

Les ouvriers vivent dans des taudis, des épidémies comme le choléra déciment les populations. Des médecins et des hygiénistes alertent les autorités. Mais est-ce le rôle de l’Etat de construire des logements pour les plus pauvres?

Finalement, les patrons sont les premiers à faire construire un habitat ouvrier, soit par souci de rentabilité, soit par paternalisme, soit sous la forme d’un socialisme utopique.

 

En France, Charles Fourier lance l’idée utopique du « phalanstère« , un lieu d’habitat communautaire accueillant 400 familles, l’idée sera reprise concrètement par Jean-Baptiste Godin et son célèbre « familistère » de Guise, les frères Schneider font construire deux « casernes » au Creusot,

 

 

 

 

dans le Nord les corons abriteront des générations de mineurs,

 

 

 

 

 

à Clermont-Ferrand ce sont les cités Michelin, à Lyon c’est la Cité Jardin de Tony Garnier,

 

 

en Ardèche c’est la « Cité Blanche » de Lafarge au Teil avec son école accueillant 80 élèves, des cours du soir pour les adultes, un livret d’épargne à 4,6%…

 

 

 

 

 

Par contre, le logement est inscrit dans le contrat de travail liant l’ouvrier à son patron et si l’ouvrier quitte son patron, il doit aussi quitter son logement.

 

Après la Grande Guerre de 1914-1918 et ses centaines de milliers d’hommes tués ou invalides, la France est exsangue,

400 000 logements ont été détruits. Les taudis renaissent mais la reconstruction s’organise par la construction d’Habitats Bon Marché précédant les Habitats à Loyers Modérés jusqu’au moment où éclate la deuxième guerre mondiale.

A la fin du conflit, on compte 3 millions d’habitations vétustes qu’il faut détruire mais aussi prévoir la construction de 4 millions de logements.

Le mal-logement s’accentue avec le fameux « baby-boom« , la décolonisation ramène en France 2 millions de Français rapatriés, les besoins de main-doeuvre obligent à faire appel à des populations d’ouvriers immigrés logés, au pire dans des bidonvilles, au mieux dans les foyers Sonacotra.

 

 

La crise du logement s’accentue jusqu’à ce que l’Abbé Pierre lance son vibrant appel du 1er février 1954 pour faire réagir les pouvoirs publics que l’on appellera « l’insurrection de la bonté« .

 

 

 

 

Il faudra attendre l’avènement de la société de consommation pour que les conditions de logement s’améliorent.

 

En 2019, comme le fait apparaître le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, il n’en reste pas moins qu’en France près de 4 millions de personnes sont mal logées.

L’absence de confort sanitaire de base est en net recul sauf en ce qui concerne, par exemple, la « précarité énergétique » qui rend difficile le fait de se chauffer chez soi…

 

Alain Jammet

 

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