Ils ont donné leur nom à une rue de Lamastre – Aujourd’hui: Conrad KILIAN

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                Conrad KILIAN

Géologue – explorateur – savant – aventurier, surnommé le « fou du désert » : un personnage de légende.

Spécialiste de l’exploration du Sahara : il y découvrira tous les éléments attestant de la présence de pétrole. Il finira dans la misère et mourra dans des conditions plus que mystérieuses.

 

 

 

 

« Kilian a exploré le Sahara, il s’est enfoncé dans le Ténéré quasi inviolé. Il s’est intégré dans la plus fabuleuse aventure des temps modernes, celle du pétrole. Malheureusement, comme tant de prophètes, il a prêché dans le désert ».

François-Théodore-Conrad Kilian est né le 23 août 1898 au château des Sauvages à  Désaignes.

D’’origine alsacienne. Conrad passe son enfance et son adolescence à Grenoble où son père Wilfrid Kilian est professeur de géologie. Très jeune il est passionné par l’entomologie (sciences des insectes) et la géologie qu’il pratique en compagnie de son père.

Adolescent, il est décrit: « Grand, fort, à la fois abrupt et charmeur, effronté et d’une extrême gentillesse avec quelque chose qui faisait dire de lui qu’il n’était pas comme les autres. »

 

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Il participe en 1921 à une expédition dans le Hoggar pour retrouver un hypothétique trésor composé d’émeraudes. En butte avec le chef de l’expédition, il abandonne celle-ci et poursuit ses observations géologiques.

De retour en France, il publie un mémoire dans lequel il soutient que les terres du Sahara central sont de formation ancienne et que le Sahara lui-même était occupé, il y a longtemps par une mer.

 

Il a constaté la présence de micro-organismes, dont la décomposition a dû produire dans le sous-sol des réserves de pétrole et de gaz. Il se heurte à l’incrédulité générale.

Jusqu’en 1939, il sillonne le Sahara à dos de chameau, mais il se heurte toujours au scepticisme des autorités.

Il est ensuite victime d’une tentative d’empoisonnement alors que son guide est assassiné.

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(Conrad Kilian toujours accompagné de son dévoué El-Bashir)

 

En 1939, Kilian troque sa tenue saharienne contre l’uniforme de lieutenant d’artillerie. Il recevra la croix de guerre et une citation à l’ordre du régiment. Libéré il est envoyé à Alger comme attaché scientifique au Laboratoire de Géologie et comme chargé de mission de la Défense Nationale.

Après – guerre, il essaye d’intéresser les personnalités politiques aux gisements d’hydrocarbures dans le Sahara : le général De Gaulle, Vincent Auriol… Seul le général Leclerc semble s’intéresser à son dossier (notamment les gisements d’Hassi Messaoud et du territoire libyen de Fezzan qu’il propose d’annexer au Sahara français).

En 1943, il découvre dans le territoire français de l’Aïr que des minerais sont exploités par une puissance étrangère, le Royaume-Uni. Il se dit suivi par des agents anglais et américains très intéressés par ses découvertes, les deux pays se livrant à la guerre du pétrole en Afrique.

Humilié, traqué et persécuté par les compagnies pétrolières ou les puissances étrangères (une carte de gisements pétrolifères aurait valu à son possesseur une immense fortune), il veut que l’on sache qu’il a découvert et affirmé avant tous : « il y a du pétrole sous les sables du désert ». Il veut que soit clamée la vérité historique, à savoir que certains gouvernants français ont volontairement renoncé à assurer l’indépendance énergétique et économique de la France et de l’Europe occidentale.

 

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Le 29 avril 1950, Conrad Kilian est retrouvé pendu à l’espagnolette d’une fenêtre d’une pension de famille dans la rue Thiers à Grenoble, dans des conditions assez mystérieuses. Kilian mesurait 1,78 m, l’espagnolette était à 1,20 m du sol, son visage était tuméfié et les poignets tailladés. L’enquête conclut au suicide bien que les services secrets britanniques soient suspectés, ils auraient pu protéger les intérêts de la Shell et de l’Anglo-Persian Oil Company.

Quelques mois plus tard dans un salon parisien, un major de   l’Armée britannique déclarait « Ah oui ! Conrad Kilian, l’homme qui a découvert le pétrole du Fezzan … l’Intelligence Service s’est occupé de lui …. Ce travail fut bien fait ».

 

Conrad Kilian est inhumé au cimetière Saint-Roch de Grenoble.

 » Explorateur souverain  » Kilian est d’une autre époque. Il a parcouru le Sahara en tous sens, affublé d’un écuyer mais ses exploits sont incontestables et ses découvertes, convoitées par des puissances étrangères, ont probablement entrainé son meurtre dans l’indifférence générale. Il va personnifier, pendant le premier tiers du XXème siècle, la lutte impitoyable que se livreront les puissances industrielles pour la possession de l’or noir au Sahara.

Il est le premier français à avoir découvert et alerté sans relâche sur les richesses prodigieuses que recelait le sous-sol du Sahara Algérien, alors territoire de l’Empire colonial Français. C’est au terme de plusieurs périples légendaires, dignes des plus grands films d’espionnage et d’aventure, que Conrad Kilian sera convaincu de la présence massive d’hydrocarbures en Algérie et dans l’est libyen.

Les découvertes des gisements de gaz et de pétrole sahariens à partir de 1954 confirmeront que les affirmations de Kilian étaient exactes.

 

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En Juin 1951, près de 250.000 km carrés de gisements en Algérie sont répartis entre la Compagnie Française des Pétroles et la SN.REPAL (future Elf-Aquitaine).

Dès 1953 (3 ans après l’assassinat de Killian), le gouvernement concède plusieurs permis de recherches, un an avant le déclenchement de la rébellion indépendantiste de novembre 1954.

(Base de la SN.REPAL à Hassi-Messaoud)

 

Alors que les compagnies anglo-américaines exploitent les gisements libyens depuis 1955, les français enregistrent leurs premiers succès à Edjeleh et Hassi-Messaoud au printemps 1956. Un an plus tôt, un important gisement de gaz avait été découvert près d’In-Salah.

La mort de Killian n’a pas dissuadé les gouvernements d’exploiter ce potentiel algérien, malgré les inquiétants « évènements » au nord qui prennent rapidement des aspects de guerre civile.

Mais le sud algérien étant un vaste désert, il ne s’y déroule pas de combats, mais s’y trouvent néanmoins des enjeux capitaux. La production se lance « tranquillement ».

De 1956 à 1970, à lui seul, Hassi-Messaoud produira près de 130 millions de tonnes de pétrole.

Âme passionnée et esthète, authentique patriote, gentleman tombeur de femmes dans les salons parisiens comme dans les Oasis du Sahara. Personnalité parfois jugée « arrogante » mais droite et généreuse, amateur de vestiges archéologiques, chasseur de trésors mythiques ou géologue envoyé gouvernemental officiel pour le repérage des zones non délimitées aux confins de l’Algérie française et de la Lybie italienne, Kilian a parcouru une grande partie du Sahara central en pas moins de cinq expéditions dignes des plus fameux romans d’aventuriers de la belle époque.

 

Il a proclamé  «  Une vie ne me suffit pas, je veux avoir un destin… » Il l’eut.

Un erg a été baptisé à son nom aux confins du Hoggar.

Plusieurs rues portent son nom: à  Lamastre, Mantes la Jolie, Saint Martin le Vinoux…

 

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Jean-Michel Charlier signera un vibrant hommage cinématographique à la vie de Kilian (dont le rôle est tenu par Mathieu Carrière) avec le feuilleton « Le fou du désert », diffusé en quatre épisodes sur FR3 en février 1983.

Gageons que dans un jour proche, un réalisateur saura reconnaitre dans les multiples vies de Kilian, le formidable potentiel cinématographique qui s’y cache à l’image de Lauwrence d’Arabie.

 

 

 

 

Plusieurs ouvrages littéraires lui ont été consacrés, parmi eux :

« Conrad Kilian, Explorateur souverain » par Eulogue Boissonnade, Editions France-Empire

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RAD

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