Aide pour les migrants à Lamastre

refugies

Il existe deux associations de citoyens à Lamastre, l’AAMVD (Association Accueil Migrants de la Vallée du Doux) et une antenne de SALAM qui s’impliquent dans la problématique de l’accueil des migrants. Ici, nous les mettons en lumière sous forme d’interview, suite à des entretiens avec des membres actifs représentant leurs activités.

 

Association Accueil Migrants de la Vallée du Doux (AAMVD)

Entretien avec Bernard Germain, instituteur à la retraite de l’éducation nationale, membre actif de l’association.

Rodolphe : Peux-tu nous raconter comment est née votre association ?

Bernard Germain : En janvier 2016, à la suite d’une réunion œcuménique avec les trois églises chrétiennes ( catholique, protestante et évangélique)  sur le thème de l’accueil de l’étranger qui est un thème récurrent dans la Bible, était invité un Collectif Réfugiés de Tournon sur Rhône, qui avait déjà une démarche d’accueil en lien avec  RESF, l’Equipe de Veille catholique, les Resto du Coeur et l’Entraide Protestante. A la fin de cette rencontre, vu le besoin important, un groupe de participants à cette réunion s’est dit qu’il pourrait s’organiser pour accueillir sur place à Lamastre des personnes dans le besoin; l’idée commençait à émerger.

Puis, lors d’une matinée de Présentation de l’Association SALAM au bar de L’Estaminet à leur retour de Calais, ce projet a été exposé.

echange-salam-avril-lamastre-accueil-refugies-1024x768

 

Les personnes présentes ont manifesté leur intérêt; sentant qu’il y avait assez d’énergie et de volonté, on a décidé qu’il était possible de faire quelque chose. L’association devenait plus large, portée par différents  citoyens, avec ou sans confession de foi.

 

 

 

 

 

Un deuxième facteur a accéléré le processus, l’association de Tournon sur Rhône avait un couple d’Arméniens d’une soixantaines d’années, qu’elle n’arrivait pas à loger. Nous avions provisoirement un studio libre pour deux mois durant cette période ( mai, juin 2016 ), dans le presbytère protestant, ce qui a accéléré la prise en charge de ce couple Arménien et la création de l’association.

Rodolphe : Peux-tu nous raconter rapidement leur parcours ?

Bernard Germain : Nous apprenons petit à petit ce qu’ils ont vécu, ce n’est pas facile de raconter des traumatismes qui ont été subis et cela reste légitimement dans le cadre de la vie privée. Lia et Kadjik ont été menacés de mort après avoir perdu leur deux enfants assassinés par une organisation maffieuse et ont du fui leur pays pour se réfugier en Russie où ils ont vécu une vingtaine d’années. Puis, retrouvés par leur agresseurs, ils ont du à nouveau fuir pour atterrir en France. Ils ont vécu quelques mois dans la rue à Lyon avant d’être pris en charge par des associations d’accueil de réfugiés et d’entamer des procédures de demande d’asile. Le problème est que l’Arménie est considérée comme un pays sûr par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) alors qu’il s’agit d’un système politico-mafieux, ce qui complique l’obtention d’un titre de séjour en France.

Rodolphe : Comment ça se passe pour eux ?

Bernard Germain : Lia et Kadjik ont été bien accueillis et sont heureux d’être ici, des procédures sont en cours pour une régularisation de leurs papiers. Une équipe de volontaires s’occupent de leur apprendre le français et vient régulièrement discuter avec eux.

Il a été trouvé un appartement dont ils sont locataires, sachant que c’est l’association qui prend en charge le loyer. Une équipe de volontaires a fait des travaux dans l’appartement et le propriétaire a estimé que ces travaux correspondaient à six mois de loyer. L’association garde encore un petit fonds de trésorerie, mais plus pour longtemps; nous comptons sur des donateurs réguliers ou ponctuels et sur des manifestations de soutien pour subvenir aux besoins financiers.

Rodolphe : Quels sont les projets de l’association ?

Bernard Germain : L’association AAMVD est en lien avec d’autres associations similaires  dans la région, sur Champis, Tournon sur Rhône, où de mêmes expériences d’accueil des réfugiés sont en cours. Ces associations cherchent un profil de personnes à accueillir prêtes à rester dans nos zones rurales et à s’intégrer dans ce cadre. Notre vocation est, bien sûr, d’ accueillir d’autres réfugiés à l’avenir, si nous en avons les possibilités et les moyens!

L’association est en cours d’habilitation à délivrer des reçus fiscaux pour déduire des impôts les dons fait à l’association.

Si vous souhaitez contacter l’Association Accueil des Migrants dans la Vallée du Doux :

Bernard et Marie-Lise GERMAIN mail : berngermain@wanadoo.fr // tél: 04.75.06.39

Ignace D’HUYVETTER mail : ignace.dhuyvetter@orange.fr // tél : 06.66.10.10.86

Jacques CROUZET mail : crouzetjacques@gmail.com // tél : O4.75.06.62.83

« La première tâche de ceux qui veulent agir, c’est de lever le voile, de montrer à l’opinion ce qu’elle ne veut pas voir » (Paroles de l’Abbé Pierre)

Antenne SALAM à Lamastre

salam-logo

swanne

 

Entretien avec Swaane Lauwaert, de la Biscuiterie « Les Rabarines » à Nozières qu’elle a créée avec son compagnon depuis 4 ans.

Rodolphe : Peux-tu nous raconter comment est née votre initiative ?

Swaane Lauwaert : Il y a deux ans, pendant l’été, j’ai été très touchée par les images des réfugiés et les nouvelles très relayées sur les médias à leur sujet. De passage en Belgique, j’ai suivi sur des réseaux sociaux une initiative spontanée d’une belge qui a lancé un mouvement d’aide pour amener des affaires à Calais, indignée par le constat que les gouvernements n’allaient rien faire pour eux.  Je me suis dit alors, pourquoi ne pas faire quelque chose de similaire chez nous.

En septembre 2015, après une rencontre avec Frank Doens, qui a travaillé en mission humanitaire une année durant pour Médecins du monde sur la construction d’habitats d’urgence et la logistique à Calais ( la première mission de Médecins du Monde en France) , tout est allé très vite. Un mois après, nous sommes montés à Calais avec une camionnette et une remorque pleines de vêtements, de sacs de couchage et des couvertures récoltés grâce à du bouche à oreille. Beaucoup de personnes se sont senties touchées et se sont investies dans cette initiative, la solidarité qui s’est mise spontanément en place m’a étonnée.

Rodolphe : Comment s’est passée votre arrivée à Calais  ?

Swaane Lauwaert : Beaucoup d’habitants près des campements s’occupent des familles, ils travaillent bénévolement en donnant de leur temps depuis des années. Nous avons rencontré une de ces personnes qui connaissait bien le fonctionnement de ces camps, les clans qui s’y sont construits, les passeurs. Chaque clan à un supérieur hiérarchique, un chef de tribu, c’est avec eux directement qu’il faut travailler. Ils assurent une protection nécessaire car la vie est dangereuse dans ces camps, c’est vraiment la Jungle, le Midlle West, la loi du plus fort.

Nous avons vu que la misère était énorme et nous avons décidé de nous allier avec l’association SALAM, pour que notre activité soit plus claire ici et surtout pour leur expérience et le contact avec eux. Ils sont sur place et suivent bien les besoins urgents des camps. Parfois les gens ne se rendent pas compte des vrais besoins, par exemple une paire de bottes de skis ne servira pas dans une jungle.

1

En Mars 2016, une deuxième collecte a eu lieu chez Kaopa Café à Lamastre, elle a été emmenée à Calais et à Dunkerke avec l’aide de FixAuto qui nous a loué sa camionnette avec une petite faveur de charité. Les dons étaient trop nombreux, 50 m3 d’affaires, nous n’avons pas pu tout emmener.

Rodolphe : Quels sont vont projets  ?

Swaane Lauwaert : Nous prévoyons bientôt un autre voyage, nous avons reçu un message de l’association SALAM qui a des besoins urgents pour préparer l’hiver. La situation sur place est de pire en pire.

Nous nous rencontrons bientôt pour avoir une réflexion et mettre en place une nouvelle collecte.

Le 28 Octobre en partenariat avec  l’Assoc’Active à Saint Martin de Valamas, nous présenterons notre initiative et animerons un débat suite à la projection d’un  film d’actualité de Nathalie LOUBEYRE sortie en août 2016, « LA MECANIQUE DES FLUX ».

Rodolphe : Qu’est ce qui ce passe avec le démantèlement de Calais  ?

Swaane Lauwaert : En Avril, nous avons assisté à un démantèlement d’un campement à Grande-Synthe. C’était une décision de la mairie, ils ont déplacé la population dans des cabanes en bois, avec des sanitaires, c’était une amélioration de vie importante pour eux. Le maire de Grande-Synthe est engagé, il a financé une partie et MSF a aussi contribué à 80%.

Il y a beaucoup d’associations et d’ONG sur place. Des associations comme SALAM ou l’Auberge des Migrants  sont là depuis la fermeture du camp de  Sangate et se sont créées avec des autochtones. Mais la communication entre les différentes associations et ONG est difficile et trouve parfois des désaccords.

demantelement-de-la-jungle

Ensuite nous avons vu un démantèlement à Calais, beaucoup moins serein. Des militaires, des bulldozers qui détruisent tout sur leur passage et des feux partout, un autre extrême. L’opération consistait à repousser la moitié Sud du campement pour retrancher tous les habitants du campement dans la moitié Nord. Ils ont simplement réduit de moitié l’espace vital avec autant de population. Leur raison était de détruire une activité qui s’était construite dans la rue principale de la moitié Nord, c’était devenu une rue marchande avec des petits commerces vivants.

Ils ont aussi déplacé une minorité, principalement des familles avec des enfants, vers des habitations construites dans des containers. Mais là, les conditions de vie ressemblent à un emprisonnement, même si au départ, c’était pour protéger cette partie de la population, cela a surtout été une façon de se donner une belle image.

Rodolphe : Que penses-tu de l’initiative du gouvernement de dispatcher les réfugiés sur chaque région en France  ?

Swaane Lauwaert : Je pense que ce n’est pas une bonne idée d’empêcher les gens d’aller où ils veulent. La population des réfugiés de Calais ne voudra pas rester en France. Ils parlent souvent mieux l’anglais et  pour  beaucoup d’entre eux, ont de la famille en Angleterre. Cela rappelle l’erreur commise en supprimant le camp de Sangate. C’est dur à imaginer, mais ils n’ont pas d’autre choix dans leur vie que de suivre leur rêve, leur but et de rester debout après tout ce qu’ils ont traversé et enduré, au bord de la mort, pour arriver jusqu’ici.

Le bruit qui court comme quoi ils prennent notre travail et qu’ils recevraient une allocation sont des idées reçues. Ils n’ont pas le droit de travailler et ils subsistent juste grâce aux dons des associations et des donateurs occasionnels.

Rodolphe : Quels sont vos besoins actuellement  ?

Swaane Lauwaert :

En priorité, nous avons besoin d’un local pour stocker et faire le tri des collectes.

La location ou le prêt d’un camion est aussi compliqué. Il y a 1000Kms jusqu’à Calais. Il faut aussi des volontaires pour accompagner le voyage. C’est intéressant d’aller sur place et de voir comment ça ce passe.

Si vous souhaitez contacter l’Antenne SALAM Lamastre

Swaane Lauwaert :   mail : swaanelauwert@mac.com // tél : O789063201

Frank Doens :  mail : f.doens@hotmail.fr // tél : 0648918913

 

 

 

 

 

 

Vous aimerez peut-être aussi :

Soyez le premier à commenter.

Répondre
Prenez connaissance de la charte de modération des commentaires avant de poster un commentaire.

Votre adresse mail ne sera pas publiée


*


Prouvez que vous êtes un humain. *